jeudi 5 février 2015

Repenser un nouveau modèle économique pour les organismes de formation: La remise en question de la mission du "centre de formation"

Dans ma précédente expérience, j'ai été confrontée à repositionner toute l'offre d'un centre de formation et à redéfinir le modèle économique. L'offre de formation était financée partiellement par les fonds publics (appels d'offres Conseil Régional et par des fonds entreprises). 

Avec les différentes réformes sur la formation professionnelle, plusieurs modèles ont été testés et mis en oeuvre. Ce que je note, c'est qu'un modèle économique est valable un temps donné. Les changements structurels et conjoncturels dans le monde de la formation professionnelle amène à réviser sans cesse nos "business models" et à innover pour permettre la pérennité des activités. Et c'est bien là le sujet pour un grand nombre de centres de formation ... car les nouveaux entrants tels que l'industrie des MOOC et du E Learning est actuellement en phase de grignoter des parts de marché, détenus précédemment par les organismes de formation traditionnels.



Consciente que la question est complexe pour beaucoup de centres de formation, voici quelques pistes à explorer pour redéfinir le modèle économique de votre centre de formation.

L'article abordera également les missions des centres de formation, qui dépasse à mon sens, la mission traditionnelle et unique de "dispenser de la formation".

Un centre de formation est un centre de profit ce qui signifie que le centre doit être géré comme une entreprise et ses apprenants sont des clients... avec tout ce que cela comporte dans les notions d'accueil, de relation de services et de fidélisation... (voir l'article sur l'expérience client)

La solution "formation" est un mécanisme complexe pour l'entreprise quand elle ne dispose pas toujours de responsable RH et formation pour élaborer le plan de formation ou les demandes de financement.

Pour le centre de formation, tous ces changements conduisent également à s'interroger sur comment l'entreprise ou l'individu "consomme" de la formation. Dans le cadre classique, il existe une palette de solutions qui vont de la détection du besoin, à l'élaboration du plan de formation, à la demande de prise en charge auprès de l'OPCA. Mais avec les MOOC et la réforme 2014, le collaborateur, acteur de son CPF, peut vouloir s'inscrire à un MOOC ou un cours en ligne. Avec l'accord de son employeur, il pourra suivre le cours gratuit ou payant en ligne. La prise en charge par l'OPCA dépendra du fait de l'inscription des cours sur les listes et la certification obtenue.

Associer le numérique à ces préoccupations actuelles de redéfinition du modèle économique est stratégique pour assurer la pérennité de l'activité. Pour aller plus loin, comment l'organisme peut-il répondre aux nouveaux besoins de ses clients entreprises ou particuliers avec le numérique ?

Si le centre de formation était amené à proposer des solutions en Elearning, soit sous-forme de catalogue, soit sous forme de conception de formation intra au format numérique, quels tarifs pourra t- il proposer pour une prise en charge de formation par l'OPCA?

Et comment produire et commercialiser ses nouvelles prestations sous différents formats?

Aujourd'hui, le champ de la formation professionnelle n'est plus le domaine des centres publics et privés. Les universités, l'industrie du logiciel d'éditions et les agences de communication investissent également ce secteur et commercialisent l'offre de formation avec de nouveaux supports.

Plusieurs modèles économiques se confrontent aussi sur la vente des produits de formation:
- Vente de produits de formation professionnelle en présentiel avec la prise en charge des frais de formation par un OPCA
- Vente de la formation en formation initiale avec la prise en charges des forfaits par les individus
- Vente de la formation sous forme de licence annuelle / utilisateur  (format E learning)
- Vente de produits de formation conçus à partir de logiciels d'animation, ou d'éditions.

Pour un centre de formation, l'expérience démontre qu'un même produit de formation, peut-être commercialisé différemment et répondre à plusieurs publics. C'est le cas pour un programme de formation professionnelle, qui peut-être financé (fonds OPCA et/ou plan de formation entreprises et/ou mixité financements privés-publics).

Diversifier ses sources de revenu, nécessite aussi de réfléchir aux solutions de formation évoluant vers le E learning. 

Voici quelques exemples: 

- Blended-learning + présentiel + e learning
-Tutorat synchrone en visio
-Tutorat asynchrone
- Cours individuels par téléphone + Virtual blackboard
- Cours collectifs en téléconférence + Virtual blackboard
- Classe virtuelle

Pour répondre à la question de la valeur ajoutée du présentiel, les solutions E- learning permettent aujourd'hui de valoriser les formations en présentiel et de les enrichir. Cependant dans quelques temps, aurons-nous une offre E-learning valorisée par un présentiel?

Pour les centres de formation, il s'agit également de développer leurs offres de formation sur la base d'un "mix "entre les différentes offres pour permettre de répondre à chaque besoin d'entreprise et à chaque style d'apprentissage.



Par exemple: un programme de formation en management peut faire l'objet d'un module en présentiel (très pragmatique), associé à un module e-learning proposant des parcours variés en fonction des styles d'apprentissage) et permettant une certification pour certains parcours.







Parlons "distribution" ...

Sur la question de la distribution de la formation, des entreprises tels que Coursera reverse  6% à 15% des revenus et 20% des bénéfices aux universités, qui mettent en ligne leurs formations.
Le centre de formation, producteur de formation, doit- il continuer à garder la distribution en interne ou doit-il externaliser sa distribution de formation ?

A cogiter...


Enregistrer un commentaire